La Diocésaine de l’archidiocèse de Bangui: Discours d’ouverture de son Éminence Dieudonné

Les journées diocésaines de l’archidiocèse de Bangui pour la rentrée pastorale 2022-2023 ont été ouvertes ce mardi 27/09/22 par son Éminence Dieudonné Cardinal Nzapalainga, archevêque métropolitain de Bangui à la paroisse Notre Dame d’Afrique de Bangui.

Elles ont pour thème:

Pour une Église synodale: Communion, Participation et Mission.  » Désormais, nous ne connaissons personne à la manière humaine. Si donc quelqu’un est dans le Christ, C’est une créature nouvelle… » (2cor 5,16-17).

L’archevêque de Bangui a prononcé ce discours d’ouverture de ces assises de la rentrée pastorale de la rentrés 2022-2023:

Que la paix et la joie de Dieu notre Père, de Jésus-Christ notre Seigneur et Sauveur et de l’Esprit Saint notre force soient avec vous !

Chrétiens de l’Archidiocèse de Bangui : Debout ! Marchons avec le Christ ! Wamabè ti kota vaka Da-Nzapa ti Bangui : Londo ! Tambula na peko ti Christ ! (slogan de l’année pastorale 2022-2023)

Bien aimés de Dieu, les assises de la rentrée pastorale diocésaine, précieux rendez-vous du donner et du recevoir, sont pour nous un appel du Christ ! Autour de sa Parole et à travers tous les enseignements qui seront dispensés, notre Seigneur nous rassemble en une seule famille.

Depuis l’année pastorale passée, par la voix de son Vicaire, le Pape François, et à l’adresse de l’Église universelle, Jésus nous invite, en frères et sœurs un et divers, à prier et réfléchir autour du thème : « Pour une Église synodale : communion, participation et mission ». Ce thème se veut une large consultation en vue du synode des évêques du mois d’octobre 2023.

Un des buts de ces journées que nous avons établies est de nous informer de ce que vivent et pensent les chrétiens mais aussi d’écouter et de partager ce que disent nos frères et sœurs d’autres confessions religieuses.

La terre, notre maison commune, accueille tout homme quel qu’il soit. Et L’Esprit de Dieu souffle où et quand il veut. Dieu n’a-t-il pas mandaté le devin Balaam de bénir le peuple d’Israël en exode ? (cf. Nombre 22, 22-24, 1) N’a-t-il pas désigné Cyrus, roi païen, l’« Oint du Seigneur » ? (Is 45, 1) Et c’est lui qui a libéré le peuple d’Israël de l’exil et ordonné la reconstruction du temple. Ainsi, en vue du synode des évêques du mois d’octobre 2023, la parole de chaque créature humaine s’avère nécessaire.

Pour ce qui concerne notre Archidiocèse, l’an dernier, nous avons abondamment parlé de la réalité de l’Église famille de Dieu sur nos terres. Et nous avons pris des initiatives pour imprimer des actions chrétiennes dignes dans nos milieux de vie. Cependant, je suis convaincu qu’il demeure un abime entre chercher à comprendre « les dix pôles thématiques » proposés et leur mise en pratique. « Marcher ensemble » avec les autres n’est pas d’avance acquis. C’est comme dire bonjour du bout des lèvres sans avoir sincèrement accueilli son frère, sa sœur, dans son cœur.

J’ose espérer que nos réponses ne sont pas superficielles. Et pour cause, Nous, vos Pères Évêques, durant la dernière réunion de la Conférence Épiscopale à Bambari, avons consacré trois journées entières à lire, comprendre et peaufiner les rapports de chaque diocèse. De cela, un rapport national a vu le jour. Oui, nous avons écouté ce que vous avez dit sur la réalité de l’Église famille de Dieu en Centrafrique.

Pour cette nouvelle année pastorale, je nous invite davantage à poser des actes concrets en nous disposant à écouter ce que l’Esprit Saint nous dit, à accueillir l’Évangile et vivre son message ; en nous engageant résolument sur la voie du vivre ensemble, un chemin certes difficile mais jamais impossible.

Tous, nous savons que le Christ n’a jamais promis une vie facile, confortable, exemptée de désagréments. Celui qui veut obtenir la vie éternelle doit porter sa croix (cf. Mt 16, 24). Comment allons-nous vivre concrètement le synode ? J’invite tout un chacun à s’auto examiner : quel est la valeur, la profondeur, la sincérité de mon lien avec Dieu à travers ma vie sacramentelle et la relation que j’entretiens avec mes frères et sœurs ?

« Marcher ensemble », c’est ce que l’Église est appelée à être conformément au désir du Seigneur. C’est l’identité de notre Mère Église. C’est la première des missions : une invitation à vivre dans l’Amour de Dieu et à la répandre dans le monde, c’est-à-dire donner une réponse à l’amour reçu. 

Durant sa courte vie terrestre, le Christ nous en a donné l’exemple. Les Évangiles nous racontent qu’il s’était mêlé à sa société, rencontrant autant les riches que les démunis, prêchant pour tous, adultes comme enfants, compatissant autant avec les malades que les bien portants. Il s’est fait tout à tous et nous apprend qu’à son exemple, chaque chrétien peut être une solution pour son frère, sa sœur en humanité ainsi que pour le reste de la création.

Je nous invite donc à vivre avec tous les hommes et toutes les femmes qui se trouvent dans notre sphère de vie quotidienne. Jamais le chrétien ne devra se créer un monde isolé car, nous dit l’Apôtre Paul : « … désormais, nous ne connaissons personne à la manière humaine. Si donc quelqu’un est dans le Christ, c’est une créature nouvelle. » (2 Co 5, 16-17).

Bien aimés de Dieu,

Nos compagnons de route sont toutes les personnes que nous côtoyons tous les jours dans les quartiers, dans nos lieux de travail, au marché, celles et ceux qui sont emprisonnés ou souffrent dans les hôpitaux. C’est sur la base de l’amour, l’amour au quotidien qu’il faut reconstruire notre société en quête de mieux être.

Dans Ecclesia in Africa, Saint Jean Paul II disait : « Le témoignage de l’Église doit aller de pair avec l’engagement déterminé de chacun des membres de ce peuple de Dieu pour la justice et la solidarité. Ceci est particulièrement important pour les laïcs qui occupent des fonctions publiques, car ce témoignage exige un état d’esprit permanent et un mode de vie en harmonie avec la foi chrétienne » (Ecclesia in Africa n° 105).

Une société renouvelée implique une conversion personnelle grâce à laquelle on peut vaincre l’indifférence, la haine, la division, la négligence et l’incohérence entre la foi proclamée et la foi réellement vécue. Une société renouvelée demande la rencontre entre les êtres humains qui la composent dans la différence des appartenances religieuses, cultuelles mais aussi la tolérance et le respect des réalités culturelles et psychologiques de tout un chacun. Pour le chrétien appelé par son Seigneur à être le sel de la terre et la lumière du monde (cf. Mt 5, 3), le vivre ensemble n’est pas une option mais une exigence liée à sa vocation.

« Marcher ensemble » prend racine et se développe avant tout dans la première cellule, l’Église domestique, qu’est la famille. Il se construit et s’épanouit par l’attention, l’application à bien accomplir les gestes les plus simples, les plus banals pour le bonheur de tous. Poser des gestes simples de concert avec les autres, d’après le Pape François, est même un chemin de sanctification : « Celui qui reconnaît l’appel de Dieu à agir de concert avec les autres dans ces dynamiques sociales doit se rappeler que cela fait partie de sa spiritualité, que c’est un exercice de charité, et que, de cette façon, il mûrit et il se sanctifie. » (Pape François, ‘Laudato si, n° 231).

Je souhaite de tout cœur que cette nouvelle année pastorale porte vraiment la marque du concret. Afin de pouvoir réellement marcher ensemble, il nous faudrait humblement nous mettre sous la mouvance de l’Esprit Saint, Lui qui grave en nous le désir et la force de nous unir dans la diversité. Mettons-nous sous son écoute. Rendons-lui disponibles nos cœurs, faisons-lui confiance, il nous instruira en toutes choses et nous illuminera.

Ainsi se présente les grandes lignes des interventions que l’Esprit du Seigneur nous propose de suivre durant ces assises. D’abord, il sera porté à notre connaissance la consultation nationale de l’année précédente issue de la délibération de nos Pères Évêques. Suivra ensuite une série d’interventions axées sur la Mission et l’engagement missionnaire.

L’abbé Célestin DOYARI DONGOMBE présentera la thème « Église synodale : quel bilan après 125 ans de Mission. Défis et perspectives ». La sœur Lucie MBOMBY, quant à elle, nous aidera à répondre à la question suivante : « Baptisés et envoyés : comment notre participation à la mission peut-elle être inventive ? ». Le Père Patrick MBEA nous dira « Comment être missionnaire dans le monde d’aujourd’hui ? » Sa lecture sera renchérie de deux témoignages faits par M. OUENABIO Saturnin et Mlle MANEHOU Clarisse. L’abbé Xavier Arnold FAGBA développera la thématique : « La dynamique de la vision missionnaire dans l’Archidiocèse de Bangui ». À sa suite, le Vicaire Général, Monseigneur Mathieu Fabrice Evrard BONDOBO abordera la question : « Dans la dynamique de notre Église synodale, quels sont les rapports problématiques entre les laïcs et les clercs ? ». L’abbé Christian Exupéry ANGBAGA NDOUGOUA nous parlera enfin de l’« Église synodale : temps du renouveau et de nouvelles espérances ».

Ensuite, nous recevrons des messages provenant de frères d’autres confessions religieuses. L’Imam Abdoulaye WASSELEGE parlera sur « Le message commun des messagers de Dieu. Le point de vue de l’Islam. » Le Révérend Pasteur NADO nous partagera l’expérience de « La synodalité dans les Églises de la Réforme ».

À leur suite, M. Louis MBAINILAGO, anthropologue et membre du Mouvement des Travailleurs chrétiens (MTC) évoquera la problématique de la « Diversité culturelle, laïcité et synodalité : de l’inculturation à la transcendance spirituelle. »

Enfin, deux interventions nous ouvriront la voie sur les questions de la mission et du témoignage. L’abbé Philippe GREBALET parlera sur « La synodalité dans la vie et la mission de l’Église : les communautés ecclésiales de base, une fenêtre ouverte sur le monde ». L’abbé Serge MOMO KANDEM nous entretiendra sur « Église synodale : identité et universalisme. Mt 7, 24-27 ».

Bien aimés de Dieu,

Voici de quoi combler cette semaine d’enseignements et de partage et de témoignages. Je vous prie de participer activement à ces assises par respect pour les uns et les autres et en guise de témoignage à l’appel à marcher ensemble.

Que l’Esprit Saint, Principe de l’unité, nous garde dans la communion et inspire en nous le désir fervent de la mission. Que Marie, Mère de l’Oubangui, prie pour nous et nous couvre de son manteau.

À tous et à chacun, je souhaite une bonne et sainte semaine.

Je vous remercie !

Em Dieudonné Card Nzapalainga, Archevêque métropolitain de Bangui

Mi en ligne par l’Abbé Gaston Adjora