Cardinal Nzapalainga pose la première pierre pour la construction d’un immeuble de sept étages en faveur des jeunes filles centrafricaines à Douala au Cameroun

Du 13 au 16 mars 2026, Cardinal Nzapalainga a été l’invité de Mgr Samuel Kléda, évêque métropolitain de l’archidiocèse de Douala, afin de prendre part aux doubles festivités d’anniversaire sacerdotal de ce dernier (40 ans de sacerdoce contre 25 ans d’épiscopat) et des 70 ans d’implantation de la cathédrale Saints Pierre et Paul de Douala.

|Par l’équipe de la rédaction en ligne

Le vendredi 13 mars 2026, dans les sillages de cette visite à la métropolitaine de Douala, le cardinal de Bangui a procédé à la pose de première pierre d’un immeuble de sept étages, au bénéfice des jeunes filles centrafricaines vulnérables et en difficulté de poursuivre les études.

HISTORIQUE

Alors que la République centrafricaine souffrait des conflits socio-politiques et économiques, l’Eglise centrafricaine persévérait dans la prière d’une part, et se préoccupait de la situation des enfants traumatisés d’autre part. En particulier des jeunes filles, âgées de 11 à 14 ans, victimes de viols, de grosses précoces et maladies sexuellement transmissibles, sans compter tant d’autres maltraitances provoquées par les conflits. C’est donc ce contexte de compassion et de miséricorde qui a motivé le cri du cœur du Cardinal Nzapalainga lors du pèlerinage diocésain au sanctuaire marial à Ngoukomba en 2016.

Lui-même très marqué par la situation, avait saisi l’opportunité pour lancer l’appel aux pèlerins en s’exprimant à ces termes : « Quand la vie de Jésus était menacée par le roi Hérode, avertis en songe, Marie et Joseph ont pris l’enfant Jésus pour fuire en Égypte jusqu’à la mort du roi », avait-il commencé.

« Alors j’ai demandé aux pèlerins, si une personne pouvait m’aider, à préserver du danger ces filles encore mineures…afin de les protéger, les sauver et les éduquer pour revenir plus-tard, en femmes chrétiennes, leaders et responsables. »

Un pèlerin venu du Cameroun, touché par l’appel d’urgence du Cardinal de Bangui, s’est engagé à lancer le projet dénommé « les filles de Ngoukomba. » Et depuis 2017, Son Eminence cardinal Nzapalainga envoie des filles à Douala pour des formations. « La première envoyée a terminé une école d’ingénierie. Elles (les filles de Ngoukomba) sont trente pour le moment », précise le cardinal.

LA CEREMONIE

L’événement présidé par son Eminence Dieudonné cardinal NZAPALAINGA a vu la présence du promoteur du projet, des jeunes filles bénéficiaires, ainsi de tant d’autres personnalités locales.

Dans son allocution qui précédait les gestes de bénédiction et la pose de la pierre, le cardinal NZAPALAINGA a évoqué deux passages bibliques : Ps 102, 1-7 et 1 Co, 3, 7.

« Nous sommes les coopérateurs de Dieu ; vous êtes le champ de Dieu, l’édifice de Dieu ». Il a continué son allocution comme suit : « Chers frères et sœurs, aujourd’hui nous sommes rassemblés ici pour bénir une pierre concrète, visible et simple. Dans nos cultures, poser une première pierre n’est jamais un simple geste technique. C’est un geste symbolique. Quand une communauté se rassemble pour poser cette pierre, elle ne regarde pas seulement le sol : elle regarde l’avenir. Une pierre peut sembler petite. Pourtant, toute maison commence par une pierre. Toute route commence par un premier pas. Et toute transformation sociale commence par une conviction forte et une décision courageuse. Dans la foi, cette pierre porte une signification beaucoup plus profonde. Elle marque le début d’un foyer, d’un lieu de vie où de jeunes filles grandiront, apprendront, multiplieront leurs talents pour prendre une part active à la construction d’une nation et d’un monde où il fait bon vivre. La Parole de Dieu nous aide à comprendre la profondeur de ce geste. Dieu nous parle à travers le Livre des Psaumes, en particulier le Psaume 120, et à travers la première lettre de saint Paul aux Corinthiens. »

Cette expérience du foyer d’hébergement, permettra à ces jeunes filles centrafricaines, non seulement d’acquérir la formation professionnelle mais aussi de construire l’esprit de vie d’ensemble, dans une ambiance spirituelle ; avait conclu son Eminence Dieudonné cardinal NZAPALAINGA archevêque métropolitain de l’archidiocèse de Bangui en République centrafricaine.

PROJET NATIONAL

L’Eglise de Centrafrique compte neuf diocèses qui ont vécu chacun le même drame. Raison pour laquelle le métropolitain de Bangui estime qu’il est judicieux d’en faire un projet national qui va intégrer les filles de tous les coins et recoins du territoire centrafricain. « Avec le consentement du promoteur du projet, il y aura d’autres jeunes filles vulnérables, venant des neuf diocèses de Centrafrique. C’est un immeuble de sept étages, avec la capacité d’accueillir 100 filles. Ce lieu servira de foyer d’hébergement. Il est prévu qu’après les études, les filles retourneront travailler au pays (Centrafrique). » A précisé le Cardinal de Bangui.

La Conférence Épiscopale CentrAfricaine (CECA) a été représentée notamment par la présence de Mgr Mireck (évêque de Bouar et président de la commission Épiscopale pour la vie consacrée), Mgr Nestor Désiré Nongo-Aziagbia (évêque du diocèse de Bossangoa et président de la commission Épiscopale de l’enseignement catholique) et Mgr Éphrem Malo (Vicaire Général du diocèse de Berbérati).

Le projet « les filles de Ngoukomba » est une véritable action de grâce à Dieu pour l’Eglise de Centrafrique en général et les jeunes filles en particulier. La reconnaissance revient au promoteur qui s’est disposé à offrir cette opportunité. Gratitude infinie à Mama Marie de Ngoukomba qui intervient discrètement.